Nous avons terminé!
Du 24 novembre 2025 jusqu’à notre dévoilement le 18 février 2026, Monica Brinkman et moi avons créé une installation dans le cadre d’une résidence artistique qui nous a été accordée par le Conseil des arts et de la culture de Vaudreuil‑Soulanges (CACVS). Notre projet? L’Ouragan du temps. Toute une aventure.
Nous avions déjà travaillé ensemble en 2018 pour créer La Placoteuse, une œuvre réalisée pour le colloque Les Arts et la Ville à Vaudreuil‑Dorion, mais jamais sur un projet d’une telle durée. Ce parcours a été une véritable exploration à plusieurs niveaux. Nous avons appris à mieux nous connaître, autant sur le plan créatif qu’émotionnel.
Notre manière de faire de l’art se ressemble beaucoup. Nous travaillons de façon intuitive, par associations. L’atelier que nous occupions a rapidement pris des airs de Francis Bacon. Nous avons utilisé un ouragan de matériaux dans un désordre perpétuel. Combien de fois nous sommes-nous demandé : « Où est ce pinceau? Où est la colle? Tu sais où sont le Violet de Dioxazine ou le Rouge de Quinacridone? » C’était digne d’une sitcom.
Monica n’aimait pas beaucoup les noms techniques et inventait ses propres appellations. « Où est mon pique-œil? » voulait dire un poinçon. Et « la peinture qui dit pousse-toi de là » désignait les couleurs interférentes.
Il semble que je ne sois pas la seule à me parler en travaillant. Combien de fois ai-je demandé à Monica : « Qu’est-ce que tu disais? » pour entendre la réponse familière : « Je me parlais toute seule. » C’est bien connu, les idées deviennent beaucoup plus claires quand on les dit à voix haute. Tant pis pour la théorie selon laquelle on peut se parler à soi-même tant qu’on ne se répond pas. Moi, je me réponds tout le temps. Monica aussi. Et nous sommes parfaitement saines d’esprit.
NOUS
– avons ri, sacré, partagé nos frustrations, nos peurs, ainsi que les hauts et les bas de nos vies,
– avons commencé à construire notre ouragan un peu au hasard, avant de rapidement nous nourrir des idées l’une de l’autre,
– avons vite découvert que le temps est un sujet complexe, fait de multiples couches.
Voici un côté de l’œil de notre ouragan.
Le revers révèle un œil plus réaliste, injecté de sang et visiblement fatigué. Dois-je préciser que nous avons terminé cette version vers la fin de la résidence?
D’autres photos suivront dans un prochain billet.
J’ai vingt ans de plus que Monica et j’ai travaillé très fort pour suivre son rythme. Cela impliquait d’acheter des plats préparés pour le souper et de prendre beaucoup de Tylenol pour calmer mes douleurs. J’ai compris que si je me lance de nouveau dans un projet d’une telle ampleur, il faudra faire des provisions de repas au congélateur et me mettre dans une forme physique exceptionnelle à l’avance. La deuxième option est évidemment impossible. Les douleurs articulaires diminuent rarement avec l’âge.
Mais les courbatures en valaient la peine. Nous sommes heureuses du résultat final, même si nous aurions eu besoin de beaucoup plus de temps pour réaliser tout ce que nous avions imaginé. Les idées ont continué d’affluer jusqu’au dernier moment. Nous avons exploré le temps dans toutes ses couches, mais au bout du compte il nous a rappelé qui est le patron.



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