J’essaie généralement de garder mon blogue léger, mais c’est devenu plus difficile ces derniers temps alors que je fouille dans les débris qui tourbillonnent dans ma tête depuis la mort de ma sœur. Ça n’aide pas non plus qu’il fasse frette à ne pas mettre le nez dehors. Il y a quelques jours, mon téléphone m’a joyeusement annoncé qu’il faisait -20 degrés Celsius. Ça donne -4 degrés Fahrenheit americain. Ça a l’air moins pire en Fahrenheit, non ? Quoi qu’il en soit, marcher par des températures sérieusement négatives me met en risque de glisser et de me casser une hanche, à moins d’être habillée comme le bonhomme Michelin ou emmitouflée dans deux ou trois courtepointes. Les crampons aident un peu, mais eux aussi peuvent glisser et déraper. Le climat du Québec explique généralement pourquoi les gens descendent dans le Sud l’hiver, mais je ne suis pas particulièrement motivée à visiter le sud des États-Unis, les Caraïbes ou l’Amérique centrale en ce moment. Trop de « murmures » d’invasions dans les médias.
Je commence bientôt un cours de yoga sur chaise, signe évident que je suis rendue dans le dernier bout de mon existence. Il y a vingt ans, j’utilisais un tapis de yoga et je me relevais du sol en un clin d’œil. Ce n’est plus le cas. Une fois au niveau du plancher, j’y reste un bon moment, jusqu’à ce que je me retourne, adopte la position de pitou, balaie la pièce à la recherche d’une chaise ou d’un comptoir, et demande (non, SUPPLIE) à mes muscles de m’aider à me remettre debout.
L’an dernier, dans une tentative de renforcer ma musculature, je me suis inscrite à un cours d’entraînement pour les « plus de soixante ans », jusqu’à ce que la simple marche devienne difficile. Après des quantités industrielles de Tylenol et diverses stratégies antidouleur impliquant glace et chaleur, j’ai fini par accepter que ce type d’entraînement était peut-être un brin trop exigeant pour moi. Donc, yoga sur chaise !
J’ai essayé le tai-chi, deux fois, et je n’ai jamais réussi à me souvenir des mouvements. J’adore regarder, mais ne me demandez surtout pas d’en faire. Je finis inévitablement par faire face aux autres participants alors que je suis supposée glisser sereinement dans la direction opposée. De toute façon, je n’ai jamais été très « groupe ».
Regarder en arrière sur mes aventures passées est quelque chose que je fais rarement. Je sais que plusieurs vivent avec leurs souvenirs, mais finissent souvent par devenir plutôt moroses. Je comprends pourquoi. C’est trop déprimant. Retour au présent. C’est pas mal tout ce qu’on a.
Qu’est-ce qui me pousse à regarder en arrière maintenant ? Deux amies à moi, toutes deux des femmes, ont eu des crises cardiaques au cours de la dernière année et ont failli y passer. Après l’insertion de multiples stents dans leur corps, elles sont chanceuses d’être encore en vie et, bien sûr, ébranlées. Ça ramène la question de la mortalité au premier plan. Je me souviens que mon ex-belle-mère trouvait ça particulièrement difficile quand ses amis ont commencé à mourir. Ils se réunissaient régulièrement pour jouer aux cartes, mais avec le temps, ils étaient de moins en moins nombreux à se présenter.
Dans un effort pour retrouver un certain degré de légèreté, j’inclus des photos de mon amie Monica Brinkman et de moi. Notre proposition de résidence artistique *L’Ouragan du Temps* a été sélectionnée par le CACVS (Conseil des arts et de la culture de Vaudreuil-Soulanges) en décembre dernier. Nous travaillons actuellement sur une installation en vue de notre ouverture à la mi-février 2026.
Tout ce que je peux dire, c’est merci l’art, et merci aux gens créatifs qui partagent ma vie. Plus d’informations sur notre ouragan à venir bientôt.
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| Construire l'oeil de l'ouragan |
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| Affiche pour notre projet en cours |
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